Le parler pomponnette.

Le parler pomponnette est un langage utilisé par Marcel Pagnol dans « la Femme du Boulanger ». C’est un art, celui de parler de choses importantes en parlant d’autres choses certes, qui n’ont à priori aucun lien. Le boulanger engueule sa chatte pomponette en lui reprochant d’être parti avec un  beau mâle alors qu’il parle à sa femme en fait, qui est partie avec un bohémien de passage. J’adore cette façon de parler. Malheureusement, c’est un langage qui est surtout utilisé par des « bœufs » comme j’appelle ces gens qui donnent plutôt envie de fuir que de les écouter…

       On peut parler de deuil en discutant d’une salade, du regard généralement ahuri que l’on porte sur ce qui est nouveau dans sa vie en décrivant celui des touristes qui regardent ce qu’ils n’ont pas chez eux, de n’importe quoi à condition de pouvoir trouver un parallèle de réaction, même si deux situations sont très différentes. Et je dois dire que ça m’éclate. Comparer et rapprocher des effets similaires pour des faits qui semblent parfois si différents…

 

      Cette nuit il y a eu un orage impressionnant. Sans discontinuer, les éclairs ont éclairé mon plafond pendant plusieurs heures alors que l’averse diluvienne se répandait dehors. A un certain moment, la foudre n’a pas du tomber loin et les lampadaires de la rue se sont tous éteints, tellement ils ont été affectés par le vacarme assourdissant accompagnant celle-ci. Je ne suis pas encore allée voir « la ville éphémère » mais je me doute que les cartons qui composent les maisons ne doivent pas être vraiment fiers, ce matin…

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considérations botaniques

    Juste aujourd’hui, où j’avais décidé de cesser mon deuil pour la salade qui avait périclité, je m’aperçois avec horreur que la menthe a suivit le même chemin et la tige laisse présager la fin (des haricots ?). Lorsque j’avais découvert les feuilles tombées autour du verre en tas marronnasses, j’avais mis la tige dans le pot de terre en espérant qu’un jour elle voudrait bien redémarrer. Depuis je la surveillais de temps en temps mais elle ne donnait pas vraiment d’indices quand à sa santé générale. Ce matin, oui. La tige désespérément sèche semblait loucher du côté de la poubelle, là où elle allait finir inéluctablement ! C’est là que je me suis rendue compte, que si pour la salade j’ai été très triste en constatant sa fin, pour la menthe, ça ne m’a pas fait plaisir, bien sûr mais ce n’est pas aussi pénible à vivre. Il faut dire que les liens n’étaient pas aussi forts qu’avec l’autre légume ! La salade m’émouvait de ses petites pousses alors qu’avec la menthe, les sentiments étaient beaucoup plus effacés et absents. J’avais passé de longues heures en admirant la première alors que pour la deuxième non. C’était plus une relation de commande (je voulais faire pousser la menthe pour la donner ensuite).

        Ouf ! Je n’aurais pas à porter le deuil.

        Ouf ! Je n’aurais pas à m’angoisser et à être triste exagérément.

Et si tous ces gens qui s’habillent de noir (et de plus en plus, aujourd’hui) n’étaient que des gens qui portent le deuil de leur légume ? C’est une nouvelle mode, de faire pousser ses propres aliments. C’est vrai, quoi.

 

        Bon, si je reprenais mes aspirations de botanique ? J’étais déterminée à tout abandonner, suite à une déception incroyable. Mais voir la menthe périr à son tour m’a permis de relativiser une situation somme toute normale. Les légumes ont une vie bien plus courte que la notre et si on veut les manger un jour, il ne faut pas trop s’y attacher ! Je me focaliserais sur la menthe, si un jour j’ai trop de peine…

        Mais surtout, vu l’avancée de la saison, je ne vais pas me lancer dans de la culture en plein automne ! Je crois qu’il serait plus sage d’attendre le printemps.  Je commence donc mon activité par des vacances… 

       

Suite au rassemblement intempestif des Gabians (NDT: Goélands) on a maintenant un rassemblement de vélos…

             Des milliers de vélos (bon, j’exagère un peu ok, mais des centaines oui) sont en train de faire des tours encerclant d’abord le Mucem puis la Villa Méditerranée et après un petit passage devant le troisième musée, celui nommé « Regards de Provence », ils recommencent. Je me demande à quoi ça peut servir. La majorité d’entre eux a, accroché à la selle, un petit ballon noir gonflé à l’hélium qui ressemble à une tête que l’on secoue, au rythme des coups de pédale. On reconnaît aisément lorsqu’il s’agit d’enfants (et ils sont nombreux) car leurs vélos sont plus petits. Il y a même des gens qui sont venus avec un vélib !

             Pendant ce temps là, des tas de voiliers (mais pas des milliers quand même), entourent un géant des mers, aussi nommé F1 des mers, un gros catamaran construit au départ pour la régate « The Race ». Le jour où ces F1 sont arrivés de Barcelone en Espagne, au moins deux milles bateaux sont venus les accueillir d’après le journal « la Provence » blanchissant le bleu de la mer de la baie. Je regardais leur arrivée par la fenêtre et je voyais aussi les pelouses du palais du Pharo qui au lieu d’être vertes comme d’habitude, étaient noires de monde…

Et puis l’orage a commencé à tonner. Les vagues se sont ornées d’une écume blanche contrastant avec éclat au bleu noir des flots et du reflet des cieux. Lorsqu’il fait un temps très sombre, le blanc s’arrange toujours pour contraster de façon lumineuse avec le reste et c’est le seul moment où je trouve que les sculptures des Terrasses, sur la Digue au large, ont une certaine beauté. Le reste du temps je trouve ça horrible. Le vent s’est levé violemment. Au loin on pouvait voir des éclairs qui déchiraient l’horizon verticalement avant de disparaître aussi rapidement que ce qu’ils étaient apparus.

Les voiliers qui entouraient le géant des mers sont rentrés rapidement au port le laissant tout seul. Le vent s’était levé soudainement et ils ont profité de l’occasion pour gonfler leurs voiles. Tel Luky Luke, il s’est dirigé vers l’horizon et si on ne l’a pas entendu chanter sa chanson de solitaire, je suis sûre que c’est parce que les fenêtres étaient fermées.

Il ne pleuvait toujours pas. Du côté Sud de la ville, le ciel était beaucoup plus clair même. On aurait pu croire qu’il y avait du soleil, là-bas… Et puis l’averse est arrivée. Elle n’a pas duré très longtemps mais le déluge qui s’est abattu soudain m’a rappelé que mon parapluie était resté dans le train, lorsque je suis allée à Nice et qu’il faudrait que je m’en rachète un prochainement… Là, je n’en ai pas besoin vu que je suis derrière mon écran d’ordinateur mais si je veux sortir dehors ? En ce moment on entend encore tonner l’orage. Les vélos continuent inlassablement leurs tours. Quelques parapluies sont apparus sur des piétons et d’autres courent, probablement vers un refuge.

 

adieu (suites)

   Je ne vais pas vous refaire le plan de « il faut que je vous dise » mais en fait oui. Donc il faut que je vous dise.

Je l’avais appelé Flemmardos. Un petit citronnier qui poussait à son rythme. Alors que les autres pépins de citron plantés en même temps avaient un tronc qui faisait déjà au moins dix centimètres de haut et des feuilles qui pouvaient abriter les pucerons et les fourmis se musardant à leurs pieds (même qu’il n’y en avaient pas), il atteignait fièrement les deux centimètres une fois étiré et supportait deux feuilles vert tendre qui semblaient sourire lorsqu’on les regardait (même sans fumer de produits illicites). J’avais déliré sur les jumeaux, Tip et Top en me demandant si c’était un pépin qui m’avait fait ces deux troncs si rapprochés ou si c’étaient deux pépins qui avaient atterri à côté et en concluant qu’il faudrait que je fasse un test pour savoir. Mais c’était un délire scientifique, juste. Une histoire d’ADN…

Les deux autres pots, avec Alpha et Oméga, c’était aussi un délire. Mais nominal, celui-là. Le début et la fin… Tout un programme, non ?

 Pour Flemmardos, c’était un peu différent. Une plante qui vous fait kik au cœur chaque fois que vous la voyez, c’est une plante rare dont il faut prendre soin. Et voilà. C’est fini. SNIF ! Adieu, Flemmardos, je vais te regretter…

Et en me retournant, horreur !

J’avais récupéré une tige de menthe, chez Anne la dernière fois et je l’avais mise dans un verre d’eau en attendant qu’elle me fasse des racines afin de la bouturer tranquillement dans le pot où la salade avait périclité et qui était désormais vide de verdure mais pas de terreau.

        Avant-hier, j’avais vu qu’un début de racine commençait et j’en avais conclus qu’il faudrait que je fasse prochainement des travaux « agricoles », c’est-à-dire qu’il faudra que je la mette en terre, ouais !

        Et là, qu’est-ce que je vois ? Un verre avec de l’eau (normal, me direz-vous) et la tige de menthe dedans. Ce qu’il n’y avait pas de normal c’est que la tige avait perdu toutes ses feuilles, ces espèces de trucs marron au pied du verre tout autour.

        Pour l’histoire de la salade qui n’avait pas poussé, je me suis consolée en mangeant une bonne pissaladière, hier. Mais il va falloir que j’arrête mes expériences ratées de botanique parce que ça ne fonctionne vraiment pas bien et à chaque fois j’ai de mauvaises surprises. Si j’essaye de compenser la perte des légumes, fruits ou herbes par une recherche exagérée de spécialités à bouffer, je vais devenir vite obèse !  

Alors il faut que je vous dise…

J’envisage sérieusement de changer ma casquette d’apprentie botaniste en …

 

        Suites au prochain épisode !

 

La façon dont on raconte l’Histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l’on présenterait d’affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les huit premières mesures de chacun d’eux. ( Milan Kundera )

J’ai fermé précipitamment la fenêtre lorsque l’orage a tonné pendant la nuit et l’averse a frappé les vitres. En espérant que l’humidité veuille bien s’arrêter d’inonder tout ce qui bouge et même ce qui dort, je me suis rendormie en attendant que le réveil sonne peu quelques heures après.

    Mais il n’a pas eu le temps. C’est le doute qui a sonné de façon insistante dans ma tête. Et si la gare de départ indiquée n’était pas la bonne ? Et si la copine m’attendait devant la locomotive, comme indiqué dans son sms mais dans gare où je n’étais pas ? Bon, la seconde est secondaire, comme son chiffre l’indique. Mais il y a deux gares, dans cette ville. Et elles ne sont pas vraiment à côté…

        Rassurée, j’ai bu mon café tout en pensant que c’est vraiment pratique d’avoir un téléphone portable. Un petit tour en ville pour aller à la station m’a remémoré de vieux souvenirs. C’est vrai, je ne me promène pas souvent de si bonne heure. Il faut vraiment que j’aie une raison valable… Il faisait nuit encore. Il pleuvait et la radio de la voiture chantait des refrains connus que je reprenais avec entrain. Ensuite, j’y étais, en train ! Direction Nice. C’est vraiment un moyen de transport qui m’enchante, comme disent les espagnols. Papoti, papota et nous voilà ! Les trois heures de trajet sont passées plus vite que ça, encore et c’est sous une pluie fine que nous sommes sorties à la recherche d’un café. Là, je me suis aperçue que j’avais oublié mon pépin dans le train mais comme il ne me plaisait pas vraiment nous ne sommes pas retournées le chercher. Ensuite on a cherché l’office du Patrimoine, dans la vieille ville tout en admirant le tram, les maisons, les couleurs même sous ce ciel gris, les gens, les… En fait, je n’avais pas assez d’yeux pour tout regarder. J’aurais du dire à mes parents de m’en rajouter cinq ou six ! C’est là que j’ai commencé à tout le temps vouloir traverser la rue, pour voir ce qu’il y avait d’en face. Babette me suivait tranquillement en s’étonnant de cette idée étrange mais sans faire d’autres commentaires. A l’office, on nous a indiqués quels étaient les monuments à visiter, où on pouvait trouver des spécialités locales et quelle était la différence entre un clocher et un campanile. A la mairie, on a eu un cours d’histoire puis un d’histoire de l’art avec l’art nouveau, l’art moderne et l’art contemporain, on a eu une explication architecturale et une visite complète du bâtiment. A midi nous avons flâné sur la place juste à côté où les restaurants côtoient les restaurants et où le marché s’est fait une place au milieu. Ils nous ont dit d’aller manger une pissaladière chez Thérésa. Mais comment la trouver alors qu’ils sont si nombreux ? J’ai abandonné l’idée et proposé d’aller à l’ombre de la façade jaune, là-bas pour en déguster une. Ils nous ont dit qu’ils ne faisaient pas ce genre de plat mais qu’on pourrait peut-être en trouver juste derrière… Chez Thérésa !! C’était délicieux.

Après nous sommes allées visiter la préfecture, autrefois palais des rois de Sardaigne. L’histoire de Nice est assez complexe. C’est une ville qui a été italienne, française, provençale pas mal de fois et puis qui a recommencé. Mais les bâtiments sont à l’image de la ville. A voir.

Ensuite nous sommes allées nous promener dans les jardins du château. Ce dernier n’existe plus mais la colline et la vue imprenable qui surplombe la ville, oui.

La journée est passée aussi vite que le voyage en train, du style battement de cils. Le soleil est venu raviver les couleurs, l’après-midi. Il s’est juste absenté au moment où le train démarrait, laissant la place à une averse diluvienne. Elle est restée là-bas et nous sommes bien rentrées. Merci (même si vous ne l’aviez pas demandé !).

 

la tarte aux épinards

Classée depuis un moment déjà dans la catégorie “met un peu dèg pour personne malade comme ça, ça la rend encore plus malade”, la tarte aux épinards était un plat que je n’avais pas fait depuis longtemps. Là, c’est mon père qui m’avait demandé d’en faire une. C’est avec un enthousiasme vraiment très modéré que j’avais acquiescé.

Comment rendre ce truc mangeable ?
J’ai commencé par faire une pâte sicilienne. Et puis aux 200g d’épinards hâchés que j’avais dans le congélo, j’ai rajouté deux poireaux, un peu de crème de soja (au lieu de la crème fraîche), deux cuillères à café de cumin et une de curcuma et j’ai mixé le tout. Il manquait du sel, du poivre et du piment que j’ai rajoutés à table. Mais le résultat était sympa. Je l’ai dégusté avec une salade de tomates dans laquelle j’avais ajouté beaucoup d’oignons coupé très fin et une cuillère à soupe de parmesan râpé.

En dessert, j’ai fait une salade de fruits… Mais pour donner la recette ça risque d’être dur.

Bon, pour les fruits, c’est simple : deux pêches et une prune. Pour le jus c’est plus délicat…

Cet été je suis allée chez Ali Baba l’épicier, pour acheter des pêches pour faire une confiture. J’avais déjà acheté pas mal de fruits chez lui, avant. Comme il me fait toujours des prix assez compétitifs, je lui amène des pots de confiture en échange. Mais ils sont trois frères à faire tourner la boutique. Donc j’amène trois pots. Vu les prix des fruits cette année, je n’avais encore rien amené. Je comptais le faire incessamment sous peu.  Là, j’avais acheté juste un kilo de pêches et je les avais fait cuire assez longtemps, il me semble. Normalement j’attends que la goutte se fasse mais comme c’est un truc assez compliqué, j’avais attendu, attendu… Et puis lorsque j’avais mis le liquide en pots, je n’avais que trois pots !!

La question était : “vais-je amener les trois pots ou non ?”. Le lendemain, j’ai décidé que non et opté pour refaire cuire ces pots avec de l’eau histoire d’avoir un peu plus de confiture. Mais en refroidissant elle avait caramélisé depuis la veille et il aurait fallu un marteau pour l’extirper. Les pots étaient en verre et je n’ai pas osé. S’ils se cassaient ? Bref, j’ai bataillé un moment, assez laborieusement je dois dire. A la fin et au bout de quelques heures (et pourtant il n’y avait que trois pots) j’ai ajouté de l’eau et refait cuire le tout. Mais j’avais eu le temps de m’énerver sur la dureté de l’aliment qui refusait de quitter son havre et c’est le robinet qui a pris. J’ai un peu forcé sur la quantité d’eau. Malgré la cuisson, j’ai eu plus d’une dizaine de pots ! Tous aussi liquides les uns que les autres…

Ben dans la salade de fruits c’est délicieux.
Il faut mettre 750 g de sucre pour 1kg de fruits. Pour le temps de cuisson, je ne peux pas dire. Mais le premier était très long. Ensuite il faut faire refroidir, s’énerver sur le robinet, mettre beaucoup d’eau et recuire encore, re-refroidir.

Un bateau de croisière est entré dans le port. C’est le Wind surf. Un voilier de cinq mâts. Dès qu’il a finit sa manœuvre d’accostage, un ferry est parti pour la Corse : le “Piana”. En fond d’image on avait une espèce de brume posée sur les îles du Frioul laissant présager un mystère inexpliqué. Inexplicable, aussi.